Vous êtes ici : Accueil Fondation Biographie de Manu Robles-Arangiz

Biographie de Manu Robles-Arangiz

Ce militant politique et syndical biscayen naquit à Begoña le 25 août 1894.

Manu Robles ArangizMembre de "Aberri" (Patrie). En 1924, Il se réfugia en République d'Argentine à la suite de ses articles condamnant très durement la dictature de Primo de Rivera. Là-bas, il dut occuper un emploi de docker dans le port de Buenos-Aires, jusqu'à son embauche au quotidien "La Razón" de la même ville. Malgré l'offre intéressante qui lui fut faite, il traversa l'Atlantique dans l'autre sens et préféra vivre son exil à Tarbes, en France au côté de sa femme Luisa Bernaola y Salcedo. Là, il obtint un emploi au quotidien local "Le Sillon".

Il était issu d'une famille de marins et, bien qu'il ait suivi quelques études à la Nautique, sa famille ne l'ayant pas laissé continuer dans cette voie, il commence à travailler comme typographe. En 1908, à 25 ans, il intégre les rangs du Parti Nationaliste Basque (PNV), et prend part à la création du syndicat ELA (Solidarité des Ouvriers Basques) en 1911. Il travailla durant certaines années au quotidien "Euzkadi" et fut aussi le directeur d'un hebdomadaire nommé "Euzko Langile" (Ouvrier Basque).

En 1927, il revient à Bilbo de son premier exil.

Après son travail, il décide de se consacrer corps et âme à sa famille et à ses activités préférées (le théâtre, la littérature et la préhistoire, au sujet duquel il a de grandes connaissances). Durant cette parenthèse, il écrit un mélodrame historique mais, au vu des sommes importantes à investir pour les costumes anciens et autres accessoires, il ne sera jamais joué.

En 1929, son parti (le PNB) l'oblige à prendre part au Rassemblement Solidaire qui se tenait à Eibar, pour prendre la cérémonie de clôture en charge. Ses responsabilités politiques l'amènent à se présenter, au nom de la solidarité en faveur du statut, aux élections des Cortes de 1931, et à se faire élire dans la circonscription de Bilbao. Il fut aussi député du PNB aux Cortes en 1933 et 1936. Lors du IIème Congrès de ELA qui fut organisé à Vitoria les 29 et 30 avril et le 1er mai, il est nommé président du congrés et, lors du renouvellement, il est élu président du syndicat, mais président provisoire, selon sa propre volonté.

Après la guerre Civile, la diaspora le maintient dans sa charge.

Lors du soulèvement de Franco (alors qu'il était directeur de "Lan-Deya" organe de la Solidarité à Bilbao), sa position, avec celle de Manuel de Irujo, fut décisive dans le fait que le PNB reste fidèle à la République. Il se rend à l'étranger et là-bas, il crée le Comité d'Aide aux Basques. À la fin de la guerre, il s'installe à Briscous et collabore au réseau Alsace-Lorraine de la Résistance française.

Il revient à Bilbao en 1952 pour renforcer l'agitation contre le régime de Franco, et il est arrêté en 1953 et incarcéré à la prison de Martutene. Il est condamné à 25 ans de prison et à 300 000 pesetas d'amende, mais il est libéré grâce à la pression internationale. Il continue à avoir des relations avec le syndicat ELA, mais doit retourner à Briscous en 1960. Lors du IIIème Congrès de cette Confédération Syndicale qui s'est tenu les 30 et 31 octobre 1976 à Eibar, il est réélu à la fonction de Président (et il sera réélu en 1979 à Vitoria).

Il est à souligner, parmi les multiples activités de Robles Aranguiz, le rôle qu'il a tenu durant la Deuxième Guerre mondiale dans la Résistance française, sous l'occupation allemande, et c'est précisément cela qui a motivé les décorations décernées par De Gaulle et Eisenhower. D'autre part, en tant qu'écrivain, en plus de tous les articles et autres correspondances, il convient d'évoquer le livre "Socialisme ou Communautarisme?", édité à Bilbao en 1976.

Il meurt à Briscous (Labourd) le 28 janvier 1982.