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Le PS s'accroche au vieux monde

06/11/2012
Le monde tel que nous le connaissons aujourd'hui n'est qu'une parenthèse historique qui n'a aucune chance de durer pour des raisons tout simplement physiques. Consommer une planète et demie quand on n'en n'a qu'une à sa disposition est tout simplement impossible. Le monde tel que nous le connaissons va radicalement changer dans les deux décennies à venir. Et nous en voyons déjà les premiers symptômes: dérèglement climatique, essoufflement grandissant de la croissance économique, etc.

Txetx Etcheberry, Fondation Manu Robles-Arangiz

L'énergie quasi-gratuite, c'est fini!

Notre économie, notre vision de l'aménagement du territoire, nos politiques de transport et de logement, notre alimentation reposent entièrement sur une énergie bon marché. Cette énergie bon marché, nous en avons bénéficié pendant un siècle et demi grâce aux énergies fossiles, et notamment le pétrole, que nous achetions pour presque rien.

Et oui, à force d'entendre que l'essence est chère, on en oublie le fait que pour produire 10 kilowattheure (kWh), qui coûtent aujourd'hui entre 40 et 60 centimes et qui sont équivalents à 1 litre de pétrole, un homme devrait pédaler 100 heures ! On a pour cette raison construit des types de sociétés extraordinairement énergivores et de ce fait dilapidé en 150 ans la partie la plus facilement accessible des stocks d'énergie fossile que la planète avait mis des millions d'années à constituer (et qui n'est donc pas renouvelable à l’échelle des temps humains).

Une ère nouvelle

Nous rentrons désormais dans l'ère de l'énergie chère qui va poser un énorme problème social, et qui va nous obliger à reconsidérer entièrement notre type de développement, notre modèle socio-économique et notre organisation politique. Le temps de la croissance infinie s'achève. Celui de la mondialisation tous azimuts permise par des transports très bon marché également.

La civilisation du tout voiture n'aura été qu'un épisode minuscule -mais particulièrement destructeur- de l'histoire de l'humanité.

L'organisation centralisée et uniformisée de notre société va devoir laisser la place à des modèles diversifiés, s'adaptant aux ressources spécifiques de chaque territoire (en matière d'isolation et de sobriété énergétique, de développement des énergies renouvellables) et reposant sur la proximité et la relocalisation de l'économie et du politique.

Le PS se fourvoie complètement

Chaque bataille, chaque enjeu, chaque résistance, chaque investissement actuel doivent s'analyser à la lumière de cette perspective là, sous peine de se fourvoyer profondément. Ce qui est hélas le cas du PS actuellement au pouvoir, localement ou à Paris.

Le PS soutient le projet de voie nouvelle LGV car il croit dur comme fer que les transports -de personnes et de marchandises- vont continuer à croître sans cesse, en suivant les mêmes tendances que lors de ces 30 dernières années.

Le PS envoie la police déloger brutalement les opposants au projet de superaéroport de Notre Dame des Landes, près de Nantes, parce qu'il n'a pas compris que nous rentrons dans l'ère du pétrole cher, et que cela va bien évidemment anéantir toute perspective de viabilité pour ce projet conçu il y a 40 ans.

Le PS n'a en bouche que la relance de l'industrie automobile, sans comprendre que ce ne sont pas des automobiles moins polluantes qu'il nous faut, mais la fin du tout voiture (598 voitures pour 1000 habitants en France !), un plan marschall alliant réaménagement global du territoire et des villes, et politique radicale de transports collectifs de proximité.

Le PS s'arc-boute sur le logiciel jacobin au lieu de miser sur l'autonomie et la diversité des territoires, meilleur arme pour la résilience, une meilleure adaptation aux crises à venir et une transition réussie vers l'ère de l'énergie chère.

Une trop grande partie du PS persiste à mener un combat d'arrière-garde contre une collectivité territoriale spécifique du Pays Basque, refusant même les expérimentations majoritairement souhaitées par les populations locales et leurs élus, qui permettraient de juger sur pièce de la validité d'un modèle ou d'un autre.

Le PS continue à baser l'essentiel de sa politique économique et sociale sur l'espoir d'une reprise de la croissance, ellemême liée à une énergie bon marché, et non sur une redistribution radicale des richesses produites et une reconversion sociale et écologique de notre économie.

Bref, le PS n'a pas du tout intégré les mutations énormes en cours et leurs conséquences prévisibles sur tous les aspects de notre vie quotidienne et de notre avenir.

Aux socialistes qui refusentla politique de l'autruche

Il suffit pourtant de vouloir s'informer pour être en possession de toutes les données nécessaires à faire les bons choix dès aujourd'hui.

Rester dans l'ignorance d'une telle situation signifie en fait VOULOIR ne rien en savoir, pour éviter d'avoir changer sa politique et son mode de pensée, bref pour éviter de se remettre en cause. Ce sont vos propres enfants qui condamneront le plus durement une telle attitude.

Une série de conférences aura lieu en Pays Basque nord, du 29 novembre au 1er décembre.

Guy Chauveteau, ancien membre du Conseil Scientifique de l’Institut Français du Pétrole aujourd'hui à la retraite, expliquera en quoi nous assistons actuellement à un bouleversement inéluctable, et ce qu’il faudra faire pour s'y adapter le mieux possible tout au long de la décennie actuelle.

Militant-e-s et élu-e-s du PS, ceux et celles d'entre vous qui refusent de faire l'autruche êtes les bienvenu-e-s à ces conférences.