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IKEA : un écran de fumée ?

04/03/2015
Tribune Libre de Martine BOUCHET (Présidente de www.mouguerrecadredevie.fr). Depuis plus de deux ans, l'association Mouguerre Cadre de Vie, adhérente au CADE, demande aux élus de transmettre le document de pollution des sols dont il est fait référence dans l'enquête publique de dépôt de permis de construire d'Ikea. Pourquoi ces demandes réitérées à maintes reprises ? Parce que les éléments partiels que nous avions montraient que les terres à évacuer du chantier étaient très polluées.

Depuis plus de deux ans, l’association Mouguerre Cadre de Vie, adhérente au CADE, demande aux élus de transmettre le document de pollution des sols dont il est fait référence dans l’enquête publique de dépôt de permis de construire d’IKEA. Pourquoi ces demandes réitérées à maintes reprises ? Parce que les éléments partiels que nous avions montraient que les terres à évacuer du chantier étaient très polluées.

Comme nos demandes restaient sans réponse, nous avions saisi la CADA, organisme statuant sur la communicabilité des documents au public : celle-ci nous avait rendu un avis favorable. Mais les élus ne nous donnant toujours pas satisfaction, nous avions saisi le tribunal administratif.

Monsieur Grenet, alors président du Smaza (Syndicat Mixte d’Aménagement de la Zone d’Ametzondo) avait alors écrit au juge que, malgré ses demandes répétées auprès de la société IKEA, celle-ci n’avait toujours pas transmis les documents sollicités. De fait, ils ne pouvaient pas nous les transmettre, avait conclu le juge.

Le temps passe, et nous continuons à demander les documents, à la fois au Smaza, mais aussi à IKEA. Nous réclamons aussi la mise en place de ce que le commissaire enquêteur avait préconisé : un comité de suivi de chantier pour les riverains, afin qu’ils soient prévenus des périodes les plus importantes de nuisance. Une démarche de bon voisinage en quelque sorte.

Arrivent les élections municipales de mars 2014. Le président du Smaza change, c’est monsieur Iriart, maire de Saint Pierre d’Irube qui occupe cette fonction. Nous le relançons, mais toujours sans succès. Pendant ce temps, le chantier continue, des volumes énormes de terre sont évacués, laissant sur les routes des alentours des quantités impressionnantes de poussière.

Pour plus de 750.000 € HT

C’est alors que par un autre biais, nous obtenons des renseignements sur l’état initial de pollution du chantier. Nous apprenons que certaines terres sont tellement polluées qu’elles ne peuvent pas être admises dans les ISDI (Installation de Stockage de Déchets Inertes), ni même en ISDND (Installation de Stockage de Déchets Non Dangereux, comprendre de terres polluées), mais en ISDD (Installation de Stockage de Déchets Dangereux). Une estimation basse du coût d’évacuation de ces terres polluées dans les centres adéquats aboutit à un montant de plus de 750.000 € HT. On n’est pas dans une affaire anecdotique.

Outre l’envoi de ces terres dans les centres spécialisés, il est préconisé que les employés portent lors de l’extraction des vêtements spéciaux (avec masque sur le visage) et que tout envol de poussière soit évité. Une simple observation du chantier nous laisse craindre que ces deux recommandations ne soient pas complètement respectées.

Nous redemandons au Smaza en octobre 2014 une ultime fois notre document (et la mise en place du comité de suivi de chantier), en y ajoutant d’être rassurés sur le fait que les terres ont bien été évacuées dans les centres spécialisés, élément facile à vérifier avec des factures par exemple… toujours rien !

Quand la presse s’en mêle, le silence se transforme en écran de fumée

Nous décidons alors de faire un communiqué de presse, la semaine dernière. A notre stupéfaction (mais nous sommes sans doute très naïfs), interrogé par un journaliste d’une radio, un représentant d’IKEA affirme que le document que nous réclamons depuis deux ans est «tout à fait disponible», et «qu’il suffit de le demander» !

Prendrait-on nos élus, les auditeurs (et l’association) pour des imbéciles ? Comment expliquer alors le courrier de Monsieur Grenet au juge ? Cette attitude condescendante d’IKEA fera-t-elle (enfin) réagir les élus concernés ? Pourquoi ne nous répondent-ils pas ?

Nous avons écrit à IKEA pour leur faire part de notre surprise et leur demander quelques explications. Ce n’est donc pas la fin de l’histoire, mais dans ce dossier lourd aux multiples facettes, un exemple de la communication d’IKEA. Ne nous laissons pas enfumer !

Martine Bouchet, présidente de l’association Mouguerre Cadre de Vie
www.mouguerrecadredevie.fr